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SOMMAIRE (LIGNE DE TEMPS)


CARTE DE CUBA
LIENS
 
A Cuba (le nom indigène étant Cubanacan) habitaient les Gauanajatabeys, qui vivaient où se trouvent actuellement la province de Pinar del Rio , les Ciboneys (Syboneys) venus d'Amérique du Sud (installés dans le sud de l'Ile et en voie d'extinction) et les Taïnos du groupe des arawaks ("Taïnos" signifie Bon en arawak), arrivés vers 1100.
Les Indiens ont laissé des instruments de percussion primitifs :

les maracas (calebasses remplies de graines et emmanchées de courts bâtons), et

le Güiro (coque striée et évidée que l'on frotte avec une baguette, dont a dérivé le Güícharo à Porto Rico et la Güira en République dominicaine, qu'on appelle aussi achere) qu'ils jouaient lors de célébrations religieuses appelées "areïto".

L'origine de certains mots français provient de la langue "Taïno" : Barbecue vient de Barbicu' : méthode de cuisson de la viande sur une "Barbacoa", plateforme avec quatre pattes en bois, au dessus d'un feu allumé dans un trou.
Pirogue vient de Piragua', Tabac vient de Tabacu', Hamac de Hamaca', Iguane de Iguana, Ouragan de huracán, Caraïbe vient de Carib, Homme Fort, Guayacán est un nom d'arbre.

Le nom Taïno de Porto Rico est Borikén (Grande Terre de l'Homme Courageux) et ses habitants sont les Boricu'a (Les Gens Courageux de la Maison Sacrée).

1476 : NAISSANCE DE CHRISTOPHE COLOMB; PROJET DE VOYAGE EN INDE

Le 1er Août 1476, Christophe Colomb (Gênes 1451 - Valladolid 1506) -
(Cristoforo Colombo est son nom italien, les portugais l'appelent Cristovao Columbo, les espagnols Cristóbal Colón, et les anglais Christopher Columbus)
prend la mer (à 15 ans seulement...), à bord du navire marchand des frères Centurioni, le Bechalla.
Il navigue vers l'île de Chio en Mer Egée, puis Madère pour y ramener du sucre et Tunis pour chercher des épices.
De retour vers l'Italie, son navire est envoyé par le fond par une escadre française.
Colomb saute à la mer et gagne, accroché à une épave, la côte portugaise, puis s'installe à Lisbonne.

En automne 1476, au cours d'un voyage au large de l'Irlande, Colomb observe les marées les plus importantes qu'il n'ait jamais vues.
Seule l'existence de terres expliqueraient se phénomène.
Dans les tavernes irlandaises, il prend connaissance des récits du viking Leiv Erickson, fils d'Erick le rouge.
On raconte que, 500 ans plus tôt, navigant vers le Groenland, il a découvert une terre (Terre-neuve, Labrador), qu'il appela Vinland.
Chassé par les indigènes 3 ans plus tard, il a su retrouver le chemin du retour mais oublié le chemin qui menait à Vinland.
En 1480, il épouse Felipa Perestrello, fille du gouverneur de Porto Santo, une île proche de Madère où ils s'insallent et auront un fils fils unique, Diego.
Par la lecture de cartes et documents donnés par son beau père, passionné par l'exploration maritime, de livres tels que le Livre des Merveilles de Marco Polo, l'Imago Mundi, ouvrage de géographie du cardinal Pierre d'Ailly et l'étude de Ptolémée lui apporte la certitude de la rotondité de la Terre.
Il navigue vers les côtes africaines et étudie les vents et les courants venus de l'ouest.
Plusieurs questions l'intriguent : d'où viennent les pommes de pin rejetées par la mer ?
Pourquoi pousse-t-il des plantes et des fleurs à Madère et nulle part ailleurs ?
D'où proviennent ces étranges sculptures en bois que les marins ont recueilli en haute mer ?
Christophe Colomb en est persuadé : il existe une terre à l'ouest : Cipango (Japon), Inde ou Cathay (Chine) .
Utilisant les milles italiens au lieu des milles arabes, ses calculs lui font placer la Chine à l'emplacement du continent américain, dont il ignore l'existence.
Son projet est refusé par le roi Jean II du Portugal (les Portugais sont sur le point de contourner l'Afrique et espèrent arriver aux Indes par l'Est), puis par les souverains espagnols, Ferdinand V d'Aragon et Isabelle de Castille en 1486.
Le 2 janvier 1492, la capitale du dernier royaume musulman de la péninsule tombe entre les mains des espagnols.
Dans l'euphorie, ils acceptent finalement de financer Colomb.

1492 : VOYAGE DE CHRISTOPHE COLOMB; ARRIVEE DES ESPAGNOLS

Le 3 août 1492, un vendredi matin, deux caravelles (petits voiliers mis au point par les Portugais dès le XIIe siècle et bien appropriés à la navigation de haute mer , mesurant environ 25m de long sur 8 de large, avec 3 m de tirant d'eau), "la Niña" dirigée par Christophe Colomb et son bras droit Juan de La Cosa, et "la Pinta" dirigée par Martin Alonzo Pinzon, ainsi qu'une caraque de 233 tonneaux, la "Santa Maria" dirigée par Vicente Yanez Pinzon, quittent le port de Palos (aujourd'hui Huelva, à l'embouchure du Quadalquivir, en Andalousie, au Sud de l'Espagne).

Le 7 août, après seulement 3 jours de voyage, le gouvernail de "la Pinta", est endommagé et doit être remplacé.
Le 9 septembre, l'Amiral quitte les îles Canaries et se dirige directement à l'ouest.
Le 25 septembre, après trois semaines de voyage, l'équipage commence à s'inquiéter, et se demande comment ils pourront revenir contre les vents qui les poussent si loin. C'est une première tentative de mutinerie que Christophe parvient à étouffer rapidement.
Le 10 octobre, après 34 jours de voyage, aucune terre n'est encore en vue. Les matelots de plus en plus inquiets et furieux parlent sérieusement de jeter Christophe à la mer s'il persiste à ne pas vouloir revenir en arrière. Finalement Christophe Colomb leur demande de patienter encore 3 jours, car il pensait que la terre n'était pas très éloignée; il avait vu des herbes sur l'eau, puis des branches et s'était aperçu que l'air devenait plus doux et que le vent changeait de direction pendant la nuit.
Le 12 octobre 1492, à 2 heures du matin, Rodriguo de Triana sur "la Pinta" annonce "Tierra!" (Terre!).
C'est une grande île de l'archipel des Bahamas que Christophe nomme San Salvador parce qu'elle lui a sauvé la vie (son nom Taïno est Guanahani, et on suppose qu'il s'agit aujourd'hui de Watling Island)

Le 29 Octobre, il arrive à Cuba par la baie de Bariay, à l'Est de Gibara et appellera l'île "Juana" (du nom du prince "Juan", à sa mort elle s'appelera ensuite "Fernandina").
Dans la nuit du 20 au 21 novembre, Martin Alonzo Pinzon, qui commande la Pinta, fausse compagnie à Colomb, désirant revenir en Espagne au plus vite pour s'approprier le mérite de la découverte !
Le 6 décembre, les deux bateaux restants arrivent en vue d'une grande île à l'est de Cuba que les indigènes appellent Haïti ou Quisqueya et que les Espagnols baptisent Isla espanola (dont on fera Hispanolia, aujourd'hui partagée entre La République dominicaine (ex Saint-Domingue) à l'ouest et Haïti à l'est).
Malchanceux, Martin Alonzo Pinzon arrivera après Colomb à quelques heures d'intervalle et mourra quelques jours plus tard terrassé par une maladie encore inconnue en Europe : la syphilis (ou petite vérole).
En 1511, Diego Colomb, fils de Christophe et gouverneur des " Indes ", envoie quatre navires et 300 hommes à Cuba (aux alentours de Baracoa).
A leur tête, un vétéran des Antilles : Don Diego Velazquez de Cuellar.
Comme à Hispaniola, les Indiens sont massacrés.

1512 : HATUEY, PREMIER HÉROS NATIONAL

1512 : Le premier héros national, Hatuey était un chef (cacique) Taïno sur l'île d'Hispaniola, dont il s'échappa fuyant les brutalités des Espagnols.
Dès son arrivée à Cuba, il informe les différents villages indigènes du sort que leur réservent les conquistadors.
Il organisa alors une révolte dans tout l'Est de Cuba, mais sera capturé.
Bartolomé de Las Casas raconte : Quand on lui propose de le baptiser pour effacer les péchés qu'il a commis contre les Chrétiens, Hatuey réfléchit longtemps.
Dans sa culture, les morts vivent dans un univers parallèle à celui des vivants et ne sont heureux que si les vivants continuent d'honorer leur mémoire en leur faisant des offrandes.
Et Hatuey sait bien qu'il n'y aura bientôt plus un seul indien vivant pour honorer sa mémoire. Il demande alors :
"Et les gens baptisés, où vont-ils après la mort ?"
"Au paradis" lui réponds le prêtre.
"Et les espagnols, où vont-ils ?" demande encore Hatuey.
"S'ils sont baptisés, évidemment, ils vont au paradis."
"Ah !, dit Hatuey, les espagnols vont au paradis...
Dans ce cas, je ne veux pas y aller. Ne me baptise pas. Je serai mieux en enfer."
Il y a un pèlerinage traditionnel sur le lieu de l'exécution, à Yara, près de la ville de Bayamo.

1513 : ESCLAVES, ORISHAS, SANTERIA, BEMBE ET TAMBOURS BATA

En 1513 arrivent à Cuba les premiers esclaves africains.
Entre 1600 et 1800 il en arrivera approximativement 760 000,
principalement des Yoruba de l'Ouest du Nigéria, (appelés Lucumí à Cuba, ce qui veut dire "Mon ami" en yoruba, et aussi Nago ou Anango), Bantous (ou bantu) : Kongo ou bakongo du Congo et du Zaïre, Arará,
groupe kwa : Fon de Dahomey (actuel Benin) et Nigéria, Ewé ou Eoué du Ghana et du Togo, Abakuá (ou abakwa, surnommés à Cuba nañigos) : Carabalí de Calabar (Sud du Nigéria),
Mandingues du Ghana, Efik de Dahomey, Bríkamo, Ejagham, Ibibio, et autres ethnies du Sénegal, Angola, Libéria...
http://www.batadrums.com/background/ethnic.htm
La religion des Yoruba est dominée par un Dieu suprême : Olodumare (ou Olafin ou Olorun), source de l'ashé - l'énergie spirituelle de l'Univers - qui a envoyé sur Terre des émissaires, demi-dieux humains, appelés "Orishas" qui sont la personnification de la Nature.
N'ayant plus le droit de pratiquer leurs religions, les esclaves dissimulèrent habilement leurs divinités derrière les saints (los santos) chrétiens, ce qui a donné naissance à la Santería (ou regla de Ocha).
Les pratiquants de la Santería portent souvent des colliers aux couleurs de l'Orisha auquel un prêtre (Babalaoou babalawo) les a rattaché.

Les principaux "Orishas" sont (il y en a 400 en Afrique, une quarantaine à Cuba) (l'orthographe peut varier):
obatala yemata elegua ogun ochosi chango ochunoyababalu
Obatalà , envoyé par Olodumare pour créer la terre et sculpter l'homme, personifie la paix (Saint : Notre Dame des Grâces, couleur : blanc) et sa femme Yemayà (Yemanja ou Yemoja ou Olocum) personifie la mer (à Haïti, elle est une sirène) et la vie (Saint : Vierge de la Regla, patronne de Cuba, couleur : bleu), et leurs 3 enfants :
Eleggua (ou Elegba) : personifie le destin (Saint Antoine, couleurs : rouge et noir),
Oggún personifie le fer, la sagesse, les montagnes ( Saint-Pierre, Saint-paul, ou Saint-Jean-Baptiste entre autres, suivant les endroits, couleurs : violet, vert et noir),
Ochosi personifie la chasse et la médecine (Saint : Norbert , couleurs : vert et noir).
Changò (ou Shango): personifie la danse, la lumière, le feu, le tonnerre et la guerre (Santa Barbara, couleur : rouge et blanc),
Ochún : personifie l'Amour, la féminité, les rivières; maîtresse de Changó, femme d'Orula (Vierge de la Caridad del Cobre, couleurs : jaune et or)
Obba (ou Oyà ou Yansà) : personifie le vent (ex-femme de Changò, Ste Thérèse, couleurs : marron et blanc),
Babalu Ayé (ou Chopono) : Dieu des maladies (St-Lazare, couleurs : blanc et bleu)
Oddua : Dieu des morts et des esprits; Orula (ou Chando) : prédit l'avenir.

Liens :

shekere ------------- tambours bata
Le "Bembe" est la musique qui célèbre les Orishas, jouée avec une Guataca (ou agogo, clochette liturgique), 3 tambours batá (ilu" en yoruba, une fois sacrés, on les appelle "fundamento") (du plus petit au plus grand : Okónkolo [ou Omelé], Itótele et Iyá), chacun habité par un esprit appelé "aña") ainsi que le chekere (aussi appelé Güiro ou Agbe ou abwe), agogos et atcheres (sorte de maracas).
Un rythme de tambour s'appelle en espagnol un "toque".

ekwe Les 3 tambours yuka : caja, mula et cachimbo
Les abakwa ont eux un rituel appelé "plante" dans lequel on joue le tambour ekwé avec une technique de friction appelée fragaya,
et les bantù (kongo) les rituels Palo Monte, regla de Mayombe ou makuta, où l'on joue les trois tambours Yuka : caja (joué avec des baguettes appelées guagua ou cajita), mula et cachimbo, ou le tumba, répandu dans la province d'Oriente et correspondant au ditumba, batterie de trois tambours faisant partie de la tradition luba (ou lube) venant du Kasaï.
Une danse appelée maní est proche de la capoeira brésilienne.

La pantomime dansée Zarabanda par ailleurs, prend son nom du charme Nsala-Banda, qui en Kikongo définit une étoffe magique utilisée dans une cérémonie kongo.
http://www.cwo.com/~lucumi/history.html

~1550 : CABILDOS, COMPARSAS ET LA CONGA

Pour donner un but dans la vie des esclaves, les espagnols leurs laissèrent la possibilité de faire des fêtes de temps à autres, avec musique, chant et danses de chez eux, et de se réunir entre eux dans des cercles appelés "cabildos", réunissant chacun une ethnie africaine afin, entre autre, de préparer la fête des rois (le 6 Janvier), et pouvaient danser dans la rue les dimanches.
Les groupes de musiciens et danseurs qui défilaient formaient ce qu'on appelle des "comparsas".
La musique étaient principalement jouée par des tambours congos (les "congas" qu'à Cuba on appelle tumbadoras, "conga" signifie chant ou tumulte en langue bantoue), au nombre de trois : Conga, Rebajador, Salidor, cata ou "guagua" (mot qui aujourd'hui veut dire autobus en argot cubain), et maruga.
Le rythme binaire (2/2) jouée par celles ci s'appelle aussi la "conga" (ou encore tango congo), comme la danse, qui consiste en 3 pas de côté avant de lever un pied et de repartir dans l'autre sens.
Les espagnols eux appelaient toutes les musiques jouées avec des percussions du "tango".
Cette musique continue d'être jouée dans les carnavals de Cuba, dont le plus important est celui de Santiago, avec des instruments supplémentaires : bombos, cencerros, poêles à frire (sartenes) et autres objets de métal.

1580 : MA TEODORA GINES

Vers 1580, Teodora Gines, joueuse de bandora (sorte de mandoline ou basse pincée) et sa soeur Michaela (chanteuse), provenant de Santiago de los Caballeros en Hispania (actuelle république dominicaine), ont été affranchies grâce à leur talent remarquable pour faire partie de l'Orchestre de la Cathédrale de Santiago de Cuba avec le violoniste malaguène (de Malaga en Espagne) Pedro Almaza et le joueur de "schawm" (sorte de clarinette / hautbois baroque) portugais Jacome Viceira.
La chanson "Son de Ma Teodora" lui est attribuée (bien que finalement, certains historiens pensent qu'elle ait été composée plus tard en son hommage et non pas par elle).
Cette chanson comporte déjà des éléments caractéristiques de la musique folklorique cubaine moderne :
basse pincée et polyrythmes syncopés avec changements constants de 2 à 3 coups dans une mesure.

Fichier RealAudio interprété par Ars Femina : http://members.aye.net/~arsfemin/nannerl/Gines.ra
Fichier MIDI : http://womensearlyart.net/mid/mid/ginson.mid

Paroles, chantées sous la forme typique de chant/réponse :
¿Dónde está la Má Teodora?
Rajando la leña está.
¿Con su palo y su bandola?
Rajando la leña está.
¿Dónde está que no la veo?

source : http://www.pbs.org/buenavista/music/a_ma-teodora.html

~1600 : LA CLAVE


http://fr.wikipedia.org/wiki/Clave
Du XVIème au XVIIIème siècle, les docks du port de La Havane sont le centre vital de toute la capitale.
Pièces essentielles du navire, les chevilles (llaves en espagnol) que l'on cloue (clavar en espagnol) pour fixer les pièces du navire sont en bois de qualité et dur (acana, jiqui, guayacan, jucaro, quiebrahacha...)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claves
Entrechoquées au rythme du travail, elles deviennent au XVIIème siècle un instrument de musique, las claves (mélange des mots clavar et llaves) :
La clave tenue dans la main droite par l'une des extrémités (macho = mâle) vient percuter en cadence l'autre placée dans la main gauche (hembra = femelle).
La pression exercée par les doigts, la façon d'arrondir la paume, et bien sûr la force du choc, influencent le timbre et la puissance du son obtenu.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claves
(Okpokolo (wood block en anglais) de la région Ibo du Nigéria) (3/2: 1-2-3 1-2 ou sa forme inversée 2/3).
Ce rythme consiste en une mesure "forte" contenant trois notes, aussi appelée le tresillo et une mesure "faible" contenant deux notes,
  fort  / faible
1 2 3 4 | 5 6 7 8
X   X X     X X

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clave
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tres
Également, les dockers fabriqueront le "tres", petite guitare taillée dans le bois épais d'une caisse de morue et tendue de trois paires de cordes en boyau d'agouti.
Imitant les troubadours (trovadores) du moyen-âge, des musiciens chantent de ville en ville la chanson populaire (Cancion), s'accompagnant simplement d'une guitare, c'est ce qu'on appelle la "Trova".

Vers le 17/18ème siècle, dans les campagnes, les paysans cubains venus des îles Canaries et de l'Andalousie créent une musique typiquement cubaine (avec des influences créoles) le punto guajiro, jouée avec une guitare, un tres, tiple, laùd, clave et guiro.
Les principales formes sont le "Punto Fijo" ou "pinareño" et le "Punto Libre" des provinces de Las Villas et Camagüey, et il y a aussi le punto espirituano, le punto matancero le punto cruzado... Les chants sont généralement improvisés, et les pièces n'ont généralement pas de titre.
Le Laùd est le nom donné à la bandurria ténor (instrument à cordes, de la famille du luth).
Le Tiple est une petite guitare classique qu'on trouve en Colombie, au Pérou et en Équateur, à 4 triples cordes en métal. Le tiple est habituellement accordé en Ré-Sol-Si-Mi. Il ressemble au Taropatch Fiddle, ukulélé à cordes doubles

1690 : LA CONTREDANSE

En 1690, naît en Angleterre la Country Dance (contredanse anglaise), reprenant souvent des airs populaires et traditionnels anglais [proche de Greensleeves] Elle se diffuse en Europe. grâce au maître à danser anglais Isaac.
Les français créèrent , vers 1710, la Contredanse Française (également appelée cotillon) - ancêtre du quadrille.
Danternaux, un maître à danser lyonnais, composa de très belles contredanses.

C'est une danse gaie, aux airs très simples, à deux temps (binaire ou ternaire).
Elle utilise des pas marchés très souples : un pas de bourrée, auquel s'ajoute un demi-contretemps et un pas de gavotte ou de menuet.
Dans cette danse, on ne change pas de partenaire et il n'existe pas de jeu de bras, car on se tient par la main.
Ce sont des danses très prisées, car elles sont faciles à mémoriser.
Les figures à exécuter sont annoncées par le Rigaudonnier.

Il existe deux type de contredanses :
L'anglaise : Chaque couple exécute une série de figures, à tour de rôle, en changeant de place avec ses voisins.
La Française : Les couples sont disposés en carré, et exécutent une contredanse issue du cotillon.

En Janvier 1762, Charles III d'Espagne déclare la guerre à l'Angleterre. En Juin, la Havane est assiégée par des anglais.

1791 : LA CONTRADANZA

Le 17 août 1791, une révolte des esclaves éclate à Hispañola (Aujourd'hui Haïti et République dominicaine).
Les colons français et leurs esclaves se réfugient à Santiago de Cuba et amènent avec eux la culture du café, mais aussi des musiques et danses nouvelles : la Contredanse, le Menuet, la Gaceste et la Tumba francesa.
Apparait le rythme syncopé du "quintolet" (en français, "cinquillo" en espagnol)
1&2&3&4&
0x00x00x
tresillo
1&2&3&4&
0xx0xx0x
Le 'catá' (ou 'kata' selon les orthographes), est un tambour formé d'un tronc d'arbre creux sur lequel "le catayé" joue avec 2 bâtons.

Tumba francesa :
De la tumba el catá es instrumento primero
detrás le siguen los cueros que van marcando el compás.
Se siente el dulce bulá, el trinar de los tambores
y de sus alrededores todos acuden en masa
a ver el mayor de plaza que saca a los bailadores.

Vite adoptée dans l'île, la Contredanse va se créoliser et se transformer en Contradanza cubaine, constituée de 2 mouvements lents paseo et cadena , et 2 plus vifs : sostenido et cedazo.
"San Pascual Bailón " est la plus ancienne partition connue.
Le cinquillo apparait dans les composition de Manuel Saumell (1817-1870), compositeur de quelque 50 contradanzas
Elle va évoluer de plus en plus vers la "Danza", une danse où le couple danse face à face et indépendamment les uns des autres.

18ème SIÈCLE : GUARACHA, CHUCHUMBÉ, BOLERO

Au 18ème siecle naît la Guaracha dans les maisons d'assignation, forme de chanson d'actualité satirique et burlesque pour choeurs et soliste (córo-pregón) et des paroles (souvent satiriques) improvisées. (rythme 3/4, 6/8 ou 2/4)
En Andalousie, La guaracha va donner naissance à la "rumba flamenca" (ou "rumba gitana").
Exemples de rumbas flamencas : El Porompompero (Solano/Ochaita/Rodriguez), La Luna Y El Toro (A. Sarmiento/C. Castellanos), Sarandonga (par Lolita Flores, reprise de Compay Segundo)...
clave et rumba flamenca : http://home.tiscali.be/huib.billiet/cubamuziek/muziekset.html
En 1776, des cubains émigrent au port Mexicain de Vera Cruz. Leur danse "El Chuchumbé" jugée trop suggestive est interdite.
C'est la première danse cubaine dont on est une trace historique.

Le "Bolero" (du verbe "volar", voler dans les airs) apparait à Cuba vers 1792. C'est une ballade romantique jouée avec une guitare et des castagnettes, suivant un rythme 2/3.
Dans les années 1840, il est adapté au temps 2/4 et vers 1870 le rythme du cinquillo lui est collé.
En 1883, le style du "bolero cubain" naît avec "Tristezas" composé par Pepe Sánchez.

~1800 : LA RUMBA (GUAGUANCO)

La Rumba naît à la Havane et Matanzas au milieu des années 1800.
Le mot (dérivé de l'espagnol rumbo, en route...) désigne les fêtes nocturnes où on se rassemble (souvent dans les cours d'immeubles, les "solares") pour chanter et danser. C'est une musique faite de chants et de percussions, où le rythme qui démarre doucement va en s'accélérant. Au tout début, on utilisait les tiroirs des armoires (cajones) ou des cajots de morue, puis les tumbadoras (Salidor, Tres Golpes et Quinto).

Il en existe trois formes : - Columbia : La plus ancienne forme, rythme 12/8. Serait née à Matanzas. Les textes parlent surtout du travail (café, canne à sucre...) C'est essentiellement une danse d'hommes au rythme rapide chacun son tour montre son habileté aussitôt suivi par un autre qui essaiera de le surpasser.

- Yambú : Après une assez longue introduction appelée " diana " où alternent soliste et chœurs, le danseur, imitant un vieux souffrant de rhumatisme s'appuie sur sa danseuse.
Sa danse, coquette, sensuelle et élégante la met en valeur.

- Guaguancó (la plus populaire, dérivée du Yambú, issue de la Havane) Les textes narratifs traitent de la vie quotidienne : politique, amour...
La danse s'articule autour du " vacunao " à signification érotique, symbolisé par un geste du danseur ou par un foulard qui va attraper la danseuse, et que celle ci cherche à éviter tout le long de la danse.
Dans le guaguancó, jouent un rythme 6/8 ou 4/4. C'est la forme inversée du rythme de la clave (2-3) qui est utilisée.

1830 : LA HABANERA

Dans les années 1830, La Havane va donner son nom à un style musical issu de la contradanza, la "Habanera", qui séduira le monde entier, en particulier l'Argentine (le tango argentin en dérivera).
Les plus connues sont celles de Sebastián Iradier (devenu Yradier) (Lanciego (Pays Basque) 20/01/1809 - ) :
"La Paloma" (la colombe) composée vers 1860 (Elvis Presley l'a chanté sous le titre "No more" (!!!), Mireille Mathieu en français : "La paloma Adieu"), et "El Arreglito", interprétée en 1863 par la soprano Mila Traveli au Théâtre Impérial Italien de Paris, dont la musique servira pour "L'Amour est un oiseau rebelle (La habanera)" de l'opéra "Carmen" de Georges Bizet de 1875.
Fichier MIDI de "La paloma" :http://www.cubaperiodistas.cu/musica/musicas/lapaloma.mid
Vers 1850, A Santiago de Cuba apparaissent les "Trovadores" , auteurs-interprètes qui chantent seuls en duo, ou trio accompagnés d'une guitare, des habaneras, des puntos guajiros, des guarachas, où boléros (on appelle la "Trova" l'ensemble de ces registres) et qui souvent vont de ville en villes.
Les plus célèbres : Sindo Garay, Maria Teresa Vera, Rosendo Ruiz [Suarez], Alberto Villalon [Morales], Manuel Corona [Raimundo] ...

Vers 1850 également, naît le Merengue à Saint Domingue, succédant à la Tumba, jouée avec la cuatro dominicain, (sorte de petite guitare), ou une guitare, tiple, bandurria et guayo (une râpe à légumes (la yuca) en métal frottée avec une baguette) puis le güiro et la tambora (d'origine africaine à deux têtes, une jouée avec une baguette (palillo) et l'autre à main nue), la marimba (ou marímbula) puis en 1870 accordéon venu d'Allemagne.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marimbula
De la famille des lamellophones, la marimbula ressemble à une grosse sanza africaine, dont elle est peut-être la descendante.
Sur une caisse de bois sont fixées des lames de métal dont l'extrémité est relevée : le musicien fait vibrer les lames avec les doigts, et le son produit est amplifié par la caisse de bois, qui sert de résonateur.
La longueur de la lame détermine la hauteur de la note. La caisse sert également de siège au musicien.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marimbula

~1860 : LE CHANGÜÍ


http://fr.wikipedia.org/wiki/Changui
Vers 1860 apparaît le Changüí, musique des fêtes paysannes (cumbanchas) qui a des origines bantoues.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Changui
Ses instruments : le tres, la marímbula, les maracas, le guayo , le bongo ( orthographié "bongó" en espagnol, dérivé des percussions Abakua "bonko", petite paire de tambours à tête simple attachés par un épais bout de bois, joué entre les jambes, et dont les peaux sont accordées à la chaleur d'une flamme).
http://rhythmweb.com/bongo

~1880 : FIN DE L'ESCLAVAGE; LE DANZON

En 1880, Cortes approuve la loi d'abolition, qui prévoit de libérer tous les esclaves après une période de huit ans de patronato (tutelle).
Le 7 octobre 1886, l'esclavage est supprimé à Cuba selon un décret royal et "le patronato" rendu illégal.
A la même époque le danzon voit le jour à Matanzas, grâce au musicien Miguel Failde. C'est une forme de contradanza/habanera, plus spontanée et sur laquelle les musiciens improvisent.

D'abord joué par les "Tipicas" (orchestres incluant instruments à vents, cuivres, cordes, guiro et tympani) celles ci seront remplacées dans les années 1920 par les "charangas", orchestres incluant piano, violons, violoncelles, guiro clarinette, flûte, basse et timbales.
Les timbales sont deux caisses claires métalliques (acier ou cuivre), que l'on frappe avec des baguettes particulièrement fines (ou parfois la main) aux peaux en général synthétiques, montées sur un support qui inclue aussi plusieurs cloches (cowbells) , qui dérivent de la Guataca : Mambo, Cha-Cha, Charanga, Campana, Agogo) et parfois une ou plusieurs cymbales.
L'intervalle tonal entre le grand et le petit tambour doit évoluer entre un tiers et un cinquième. La taille des tambours est variable, des petits timbalitos (20 cm) au gros timbalon ("timbale tonnerre")

~1892 : LE SON

http://fr.wikipedia.org/wiki/son_cubain
Nene Manfugas, un paysan, amène le premier tres et le changüy, à Guantanamo.
Il a ensuite introduit le tres en 1892 à Santiago, à l'occasion du carnaval, où naîtra le "Són", joué par un trio de musiciens : un "tres", un bongo et un instrument de basse (la marimbula au début).

En 1909, le service militaire devenu obligatoire, des militaires de Santiago se rendront à la Havane et y apporteront le Són où le tempo s'accélèrera, et le nombre de musiciens passera à six : Sexteto Boloña, Sexteto Occidental; le Cuarteto Oriental devient le Sexteto Habanero.
Peu à peu, des orchestres ont délaissé le danzón pour jouer du Són.
Une variante du Són, le sucu-sucu, naît dans l'Ile des Pins (Cuba) (compositeur le plus célèbre : Eliseo Grenét)
http://fr.wikipedia.org/wiki/son_cubain

1910 : NUEVO RITMO

En 1910, le directeur d'orchestre Jose Urfé, compose "Bombín de Barreto", un danzon auquel il incorpore un nouveau rythme (Nuevo Rítmo) dérivé du Són.

~1920 : La GUAJIRA

La guajira (mot qui veut dire "paysanne") est l'invention de Jorge Ankerman ( La Habana 1877-1941 ), avec le morceau "El Arroyo que murmura".
C'est un rythme en 3/4 (ou 6/8, comme la valse), avec une première partie en mode mineur et une seconde en mode majeur, et se termine par une partie appelée la "dominante".
Les paroles poétiques (en décasyllabes, "decima" en espagnol) parlent de la vie rurale ou de la beauté des paysages.
La plus célèbre est la "Guajira Guantanamera" : composée en 1929 par Joseíto Fernández (1908, La Havane - 1979) qui la chante en 1932 à la radio de la Havane
En 1958, Julián Orbón la chante avec des extraits du poème vers de Jose Martí (écrits en 1895)
En 1961, elle est reprise par le guitariste Leo Browder
En 1966: Pete Seeger (N.Y. 1919-), pionnier de la musique folk avec Woody Guthrie, (il influera Bob Dylan !), auteur de "If I had a hammer" (repris par Claude François = "Si j'avais un marteau", popularisé par Peter, Paul & Mary) et de "Turn! Turn! Turn!" (popularisé par le groupe The Birds), l'interprète au festival folk de Newport.
La même année, reprise par le groupe "The Sandpipers", elle se classe dans les dix premières places des charts US et anglais.
Le poème complet de Jose Martí : http://www.redcubana.com/marti/versossencillos.htm
Dès 1925 le premier groupe de jazz cubain voit le jour. (Dans les années 1910 les premiers instruments à vent modernes provenant des USA arrivent à Cienfuegos et la Havane).
En 1927 Ignacio Pineiro créé le 'Septeto Nacional ' ajoutant pour la première fois dans l'Histoire du Són une trompette comme instrument principal.
En 1928, le Septeto Nacional est la vedette de l'Exposition Universelle de Séville.
Rita Montaner qui possédait une très belle voix de soprano, avec son pianiste Ignacio Villa, le célèbre "Bola de Nieve" (Guanabacoa [Cuba], 1911 - La Havane, 1971) triomphent ensemble à Paris avec le pregón-són du pianiste cubain Moisés Simons "El Manicero".

1930 : LE SON MONTUNO

En 1930, Arsenio Rodriguez fusionne le son avec le guaganco et donne naissance au Son montuno. On lui doit entre autres "Dile a Catalina", "Fuego en el 23", "Pare cochero"...
Moises Simons
La mode du son gagne les Etats Unis (là bas on l'appelle Rhumba), avec "El Manisero" (The Peanut Vendor) enregistrée par Don Azpiazu et le Havana Casino Orchestra et interprétée à Broadway par Antonio Machín.
En 1932, Emilio 'Don' Barreto, musicien du Melody's Bar à Montmartre) engagé pour jouer du jazz et de la biguine, va jouer du son et des danzon : Lamento Esclavo (ou lucumi), d'Elíseo Grenet et Juramento de Miguel Matamoros...
Don Azpiazu joue à Monte Carlo et Paris dabs le show "La Noche de los Tropicos " avec Antonio Machin.
Les Lecuona Cuban Boys entament une tournée dans tout l'Europe.
Paris découvre la rumba dans la "Revue Nègre" de Joséphine Baker et Rita Montaner accompagnée des compositeurs Eliseo Grenet et Ernesto Lécuona. Le grand succès Mama Inés devient avec Maurice Chevalier "la Mome Inés" et le public approuve les paroles de Oyeme Cachita disant "la chaude Rumba est bien meilleure que le Fox-trot".

En 1935, le Sexteto Miquito utilise un piano dans un orchestre de Son.

1937 : LE MAMBO

http://fr.wikipedia.org/wiki/mambo
En 1937, Orestes López, joueur de violoncelle du conjunto de danzón "Antonio Arcaño y sus Maravillas") avec à la contrebasse son petit frère Israel "Cachao", compose un morceau nommé "Mambo" à partir du Nuevo ritmo du danzón.
Mambo est un mot d'origine bantoue qui signifie "Voix en Choeur". Au congo, il veut dire berceuse ou chant sacré.
Influencés par le Jazz de Stan Kenton et Dizzy Gillespie, Les frères Lopez vont transformer leur "conjunto" en orchestre incorporant : 4 saxophones, 4 trompettes, piano, basse, maracas, tumbadoras, timbales.


http://fr.wikipedia.org/wiki/mambo
Dámaso Pérez Prado, pianiste de l'"Orquesta Casíno de la Playa" fut alors emballé par ce rythme, mais ne rencontrant pas le succès à Cuba, il partira au Mexique, où il rencontrera Bény Moré , venu au Mexique avec le Trio Matamoros.
On le surnommera "El Rey del Mambo" (le roi du mambo). Il est le premier "latino" a se placer n°1 dans les hit-parades ("charts" en anglais) américains (le principal d'entre eux est le Billboard), en 1955 avec le titre Cerezo Rosa (Cherry Pink and Apple Blossom White).
Federico Fellini utilise certaines de ses musiques dans LA DOLCE VITA en 1961.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Perez_Prado

1938 : LATIN-JAZZ, CUBOP

En 1938, le jazzman de New Orleans, Jelly Roll Mortoninvente le "Spanish tinge".

En 1940, Arsenio Rodriguez ajoute à son septeto un piano, mais aussi des congas et d'1 à 3 trompettes en plus, donnant naissance au format d'orchestre appelé "conjunto" qui va révolutionner le Son.

Le 30 Mai 1943 Mario Bauza invente l'Afro-Cuban jazz, au "Park Palace Ballroom".
La veille, au club "La Conga", le pianiste Luis Varona joua l'intro d' "El Botellero" (the Bottlemaker), et il fut rejoint par le bassiste "Julio Andino".

Dans les années 45, des jazzmen (Dizzy Gillespie, Stan Kenton, Charlie Parker, Cab Calloway) vont jouer dans des groupes latinos, et d'autres vont incorporer les rythmes afro-cubains dans leurs musiques, c'est ainsi que naîtra le "Cubop", bebop cubain, appelé plus tard Latin-Jazz. Carlos "Patato" Valdes

Jose Manzo Perroni compose "Moliendo Cafe" avec des paroles d'Hugo Blanco.

1949 : LA "MAMBO CRAZE" AU PALLADIUM

C'est avec Francisco Grillo et Perez Prado que la danse Mambo (dérivée de la Rumba) naîtra dans les night-clubs "Los Angeles Dance" de Mexico et "La Tropicana" de la Havane en 1943, avant de conquérir New York en 1949, au "Park Plaza Hotel Ballroom" de Harlem d'abord, puis dans les clubs Palladium, China Doll, Havana Madrid et Birdland.
Le Palladium était une immense salle de bal pouvant accueillir mille couples, située à l'angle de Broadway et de la 53ème rue. Créé en 1946 sous le nom "Alma Dance Studios", Mario Bauza et Machito vont proposer à son patron Tommy Martin de programmer de la musique latine les dimanches matin : Machito, Tito Puente, Tito Rodriguez et Jose Curbelo.
Ce sera un véritable succès, et le mambo sera finalement programmé tous les soirs; les plus grandes stars de l'époque viendront au Palladium.
Les américains ont appelé cette folie du mambo la "Mambo Craze". Des photos de l'époque : http://congahead.com/Classic_Shots/mambo

LES DESCARGAS; LA BATANGA

Dans les années 50, naît La "descarga"(littéralement, "décharger") un "boeuf" entre musiciens (une "Jam" dans le langage du jazz).
Bebo Valdes puis Chucho Valdes, Peruchin, Tata Guïnes, Israel "Cachao" López en ont enregistré plusieurs pour les disques Decca, Panart et Gema.

La formation de type "combo" voit le jour par l'influence des groupes de jazz et les grands orchestres (big bands) : timbales, congas, basse, piano, saxophones et parfois guitare.

1950: Bény More constitue une " Banda Gigante" constituée des vingt cinq meilleurs musiciens du moment et lance un nouveau rythme, la Batanga, dûe au compositeur Bebo Valdés, destiné à détrôner le Mambo.

~1950 : LA RUEDA DE CASINO


Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rueda_de_casino
Entre 1950 et 1956, dans les casinos (CASINO DEPORTIVO, CASINO LA PLAYA, CASINO SPANISH) où l'on danse un peu de tout (Son, Mambo, Cha-Cha-Cha mais aussi Fox-trot et le Rock'n Roll) naît une nouvelle manière de danser le Son, dans le temps et non plus en contretemps, le "Casino".
S'inpirant de danseurs dans la rue qui pratiquaient "la rueda" (plusieurs couples dansent en cercle, un meneur chante des mots qui indiquent une passe que tous doivent faire ou bien un changement de partenaires), les danseurs de "Casino" vont inventer la "Rueda de Casino"(ou "baile cubano en grupo") et la danser dans des clubs tels que "LA TROPICAL", "LOS JARDINES DE LA TROPICANA", et "EL LICEO DE LA HABANA".
[ VOIR LA PAGE RUEDA DE CASINO ]
Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rueda_de_casino

~1952 : LES PORTORICAINS ADOPTENT LES RYTHMES CUBAINS ET ÉMIGRENT AUX USA

La création de l'Etat Libre et Associé de Porto Rico en 1952 déclenchera de grandes sorties migratoires de cette île vers la côte Est des Etats-Unis et spécialement vers le Spanish Harlem ("El Barrio"), une partie du quartier "East Harlem" de Manhanttan à New York entre la 1ère et la 5ème avenue et les 96ème et 125ème rues Est, où se situait le village indien Muscoota baptisé "Nieuw Haarlem" par Peter Stuyvesant. De Porto Rico et de New York, on a formé le mot anglais "Nuyorican".
Les portoricains délaissent leurs propres musiques (bomba, plena, ...) pour adopter les musiques cubaines en vogue.
Le portoricain Ismael "Maelo" Rivera, "El Brujo de Borinquen" sera sacré "Sonero Mayor" (principal Sonero) par Bény Moré en 1958.

1954 : LE CHA-CHA-CHA

En 1954, le rythme du "cha-cha-chá" est inventé par le violoniste cubain Enrique Jorrin, de la Orquesta America Charanga, dans la première partie du morceau "Engañadora" (l'autre partie est un rythme de mambo), mais le mot "cha-cha-chá" n'apparaît que dans le morceau "Silver Star", et provient du son produit par le frottement des pieds des danseurs sur le sol. (Le mot Cha-cha-chá désigne aussi certaines plantes des Antilles produisant des cosses de graine utilisées pour faire un petit fracas appelé un "Cha-cha-chá").

1956 : CHE GUEVARA; 1961 : EMBARGO AMÉRICAIN

En 1956, révolté par la dictature de Batista, l'homme de paille de la Mafia américaine, Fidel Castro s'inspira de l'exemple de Jose Marti pour débarquer à Cuba avec plusieurs compagnons dont un Argentin : Ernesto "Che" Guevara. L'expédition tourna au fiasco. Fidel, le "Che" et dix compagnons se réfugièrent dans la Sierre Maestra pour mener la guérilla qui s'acheva par la déroute de Batista, à la Havane, le 7 janvier 1959.
En 1961, Kennedy instaura un embargo commercial qui n'est toujours pas levé.

1960 : LA PACHANGA; 1963 : JOHNNY PACHECO FONDE LE LABEL "FANIA"

Au début des années 60, naît la Pachanga, mélange de Merengue et de Conga (Merenconga) inventée par Eduardo Davidson à Santiago de Cuba. Il est rendu populaire à New York par le flûtiste dominicain Johnny Pacheco (certains on alors pensé que le nom venait de Pacheco + Charanga = Pachanga).

En 1963, Johnny Pacheco est devenu une star de renommée internationale et se produit en concert aux Etats-Unis, en Europe, Asie et Amérique Latine).
En 1964 il sort l'album "Cañonazo". Il passe du style traditionnel de charanga constitué de flûtes et violons à un ensemble (conjunto) de trompettes.
Son contrat avec la maison de disque Alegre terminé, il fonde sa propre maison de disques, Fania, avec l'avocat de son divorce Jerry Masucci, (1935, Brooklyn; - 21 décembre 97, Buenos Aires).
Le nom "Fania" vient d'un Són montuno composé par Reinaldo Bolaños, et qui faisait partie de l'album.

En 1965, le Palladium ferme.
En 1966, la reprise par Sandpipers de "Guajira Guantanamera" (composée en 1929) remporte un succès international.

1966 : LE BOOGALOO; LA "SALSA" DE RICHIE RAY ET BOBBY CRUZ


Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boogaloo En 1966, le boogaloo (mélange de soul / rythm & blues et rythmes afro-cubains) apparait avec Joe Cuba Sextet : "Bang Bang" et le fameux tube de Pete Rodriguez : "I like it like that" (repris dans des films ou pour des pubs, objet de remixs).
Les espagnols écrivent bugalu; on parle aussi de "Latin Soul".
Autres tubes : Pete Rodriguez : Micaela (sera repris en salsa par la Sonora Carruseles), Joe Cuba : El pito, Ray Barreto : El Watusi et Son Cuero Y Boogaloo, Bobby Valentin : Use it before you loose it...


Richie Ray et Bobby Cruz
Lors d'une interview de Richie Ray et Bobby Cruz à la Radio Difusora du Venezuela, Richie répondit lorsque l'animateur Phidias Danilo Escalona lui demanda comment s'appelait le style de musique qu'ils jouaient, (qui mélangeait mambo, guaguanco, jazz et musique académique) :
"Nuestra música es como el ketchup, que es para darle sabor a la comida"
(Notre musique est comme le ketchup qui donne de la saveur aux aliments).
L'animateur se pencha en arrière sur sa chaise et cria aux auditeurs :
"Ya sabemos amigos...
La música de Richie Ray y Bobby Cruz es Saaaallllsssaaa !!!"
("Nous le savons enfin, les amis ! La musique de Richie Ray y Bobby Cruz c'est de la Saaaallllsssaaa !!!)
Salsa voulant dire sauce.

1968 : LA "FANIA ALL STARS"

En 1968, Jerry Masucci pêchait à Acapulco quand les promoteurs Jack Hooke et Ralph Mercado (qui a co-dirigé le club Cheetah de Manhattan et futur président de la maison de disques RMM = Ralph Mercado Management / Ritmo Mundo Musical) lui téléphonent avec le l'idée de mettre en scène toutes les stars de la Fania, la FANIA ALL STARS, ainsi que des "guests stars", au Red Garter de Greenwich Village; le concert fait salle comble;
La descarga "Live At The Red Garter" s'est mal vendu à l'époque. Masucci décide de filmer le prochain concert.
Le 26 août 1971, Jerry Masucci et Ralph Mercado organisent ce concert au Cheetah. Le public est 2 fois plus nombreux (plus de 5000 personnes).
L'album "Live at Cheetah vols 1 et 2" sera l'album de musique latine le plus vendu à ce jour. Our Latin Thing (Nuestra Cosa Latina) (1972) co-produit par Jerry Masucci et Larry Harlow sous la direction de Leon Gast.
En août 1973, un autre concert à lieu au Yankee Stadium de NEW YORK.
En 1970, les Lebron Brothers sortent leur album "Salsa y Control".

Comme danse, la Salsa a réellement débutée vers 1970, mis en forme par, notamment, le portoricain Eddie Torres.

~1970 : LA NUEVA TROVA

En 1970, au Chili, on pouvait lire dans un slogan pour Salvadore Allende : "Il ne peut y avoir de révolution sans chansons".
Ces chansons seront celles de la "Nueva cancion", protest-songs folk composées pour certaines par les chiliens Violeta Parra ("Gracias à la vida" sera repris par Joan Baez) et Victor Jara.
Elle influera dix ans après la révolution cubaine, au moment où se tient le premier congrès culturel à La Havane, un nouveau courant musical : la Nueva Trova, qui a pour chefs de file : Pablo Milanés, Silvio Rodriguez (http://www.silviorodriguez.org), Noël Nicolas, Carlos Varela...
A l'écoute de la jeunesse, de la quotidienneté, de la vie sociale, la Nueva Trova se caractérise par une recherche littéraire, poétique et par un langage musical influencé par différents styles : Trova, Son, Variété, Folk, Jazz/Pop/Rock...
C'est un style assez proche de celui du chanteur Joan Manuel Serrat...

Dans les années 70, le percussionniste brésilien Rubem Dantas, (site officiel : http://www.rubemdantas.com) introduit le Cajón péruvien (Peruano) dans le flamenco avec Paco de Lucia (Francisco Sánchez Gómez : Cádiz, 1947 -).

ANNEES 80 : CALLE OCHO à MIAMI, COLOMBIE, FRANCE...

1979 : Naissance du Festival de la "Calle Ocho" (concerts salsa et merengue) pendant le carnaval de Miami, dans le quartier "Little Havana" : inscrit au Livre Guiness des Records en tant que plus importante fête de rue !!! http://www.carnavalmiami..com/25calleocho.html

Dans les années 80, la salsa perd de son audience aux Etats Unis où le Merengue devient la nouvelle mode.
Elle explose par contre en Colombie grâce à Joe Arroyo puis Fruko.
A Paris, Ernesto Tito Puentes fonde le premier groupe de salsa français, "Los salseros". Rosendo, danseur-chorégraphe du “Ballet de la Televisión Cubana”, diffuse de la "Rueda de Casino" dans l'émission "Para Bailar".

ANNES 80 : LA SALSA ROMANTICA (EROTICA OU MONGA)

La Salsa 'Romantica' ou 'Erotica' (Lalo Rodriguez, Eddie Santiago, Gilberto Santa Rosa) touche un nouveau public, mais pour les amateurs de vraie salsa, c'est une salsa molle (salsa "monga"). Les puristes parleront de "salsa caliente" (chaude), "salsa gorda" (grosse) ou "salsa brava" pour désigner la "vraie" salsa des années 70.

1988 : LA TIMBA ("salsa cubaine")


En 1988, José Luis "El Tosco" Cortés fonde le groupe cubain "NG la Banda" (NG = Nueva Generacion / New Generation), et baptise leur style de musique "Timba".
On retrouve certains musiciens des "Van Van" et d'"Irakere".

1989 : COMPAY SEGUNDO joue CHAN CHAN

En 1989, lors d'un festival organisé par la Smithsonian Institute. Compay Segundo (Siboney, 1907- 14 Juillet 2003) (Máximo Francisco Repilado Muñoz de son vrai nom) chante pour la première fois "Chan Chan".
Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Compay_Segundo

1990 : Enorme succès pour JUAN LUIS GUERRA qui fait découvrir la BACHATA et le MERENGUE...

En 1990, le troisième album de Juan Luis Guerra y Los 4.40, "Bachata Rosa", qui comporte des merengues et des bachatas et une salsa, remporte un énorme succès (N°1 des ventes de la catégorie "Musiques du Monde"). Le single "Burbujas de amor" réussi a être 2ème dans l'EuroTop.

FIN 90 : LA "MUSICA MESTIZA"; LE SALSAMUFFIN de SERGENT GARCIA

Vers la fin des années 90, principalement en Espagne et en France, des groupes de scène mélangent l'énergie du rock avec des influences latines, telles que la rumba cubaine (guaguanco), la cumbia colombienne ou la rumba flamenca.
Un genre que certains appellent "musica mestiza" (musique métisse); "fusion latina" pourrait convenir.
La Mano Negra (groupe mené par Manu Chao) sont les pionniers du genre, avec un morceau comme "La Patchanka".
Un site web consacré à ce nouveau courant musical : Radio Chango : http://www.radiochango.com Compilations : "Putamayo: Nuevo Latino", "Fuerza", ...
Playlist : Albert Plá (http://www.albertpla.com) : Herbabuena (Cha-Cha-Ska), Amparanoia (http://www.amparanoia.com) : Lunes 26 (Salsa-rock), ¿Qué Será de Mi? (Salsa-punk) [windows media], Puerto Claridad (Son) [windows media], Tomasa (Guaguanco) [windows media], El Achuchon [real audio], Welcome to Tijuana, Dusminguet (Barcelone, http://www.fm2.com/dusminguet) : La Rumba Del Solterón, Le Cha Cha Cha, Cumbia Bruja; El Gran Silencio : Cumbia Lunera; Los de abajo : Son de la Liberación; Macaco : Ay No Veas; Mano Negra : Patchanka, Casa Babylon; Manu Chao : Eldorado 1997, Lagrimas De Oro; Sergent Garcia : Jumpi (Mas alto, mas alto); Rumba sin fronteras; Por ti; 9 vidas; Afro cuban orishas underground; Quitate la arena; Si yo llego, yo llego

1997 : BUENA VISTA SOCIAL CLUB

Buena Vista Social Club est à l'origine le projet de Nick Gold de la maison de disque World Circuit de réunir des musiciens cubains "campesinos", soneros légendaires des années trente, quarante et cinquante, des musiciens d'Afrique de l'Ouest et Ry Cooder. Coincés à l'aéroport de Paris, les africains ne pourront pas se rendre à Cuba.
Finalement, l'enregistrement de l'album s'effectuera bien, mais sans eux. L'album, collection de classiques cubains intemporels, a été enregistré en juste six jours en Mars 1996.
Il reçoit un Grammy en 1997 et remporte un succès mondial, de nombreux bars et restaurants l'utilisent comme musique d'ambiance.
La musique est ce qu'on appelle la trova, il y a des morceaux de son cubain, des boléros, des descargas (une "jam" en jazz).
Chez un disquaire, sa place est au rayon "cuba" ou "musiques du monde", mais il arrive qu'il se trouve au rayon "salsa".
Au printemps 1998, Ry Cooder retourne à Cuba pour y enregistrer un disque avec Ibrahim Ferrer et tous les musiciens qui avaient participé au premier album.
Cette fois, le réalisateur allemand Wim Wenders est du voyage avec une petite équipe de tournage, et réalisera un reportage qui sortira en 1999.
En 2002, le deuxième album du groupe du Bronx new-yorkais "Aventura", "We broke the rules", remporte un succès international, ainsi que les singles qui en sont extraits : "Obsesion (no es amor)".

CARTE DE CUBA

LIENS

INDEX

A ABWE ACHERE AGBE AREITO
B BABALAO BATA (TAMBOURS) BATANGA BEMBE BOLERO BOOGALOO BONGO
C CABILDOS CASINO CHA-CHA-CHA CHANGUI CHARANGA CHUCHUMBE CIBONEY CINQUILLO CLAVE COMPARSA CONTRADANZA CONTREDANSE CUBOP
D DANZA DANZON DESCARGA
F FANIA
G GUAGUANCO GUAJIRA GUARACHA GUIRO
H HABANERA
L LATIN-JAZZ
M MAMBO MARACAS MARIMBULA MERENGUE
N NUEVA TROVA, NUEVO RITMO
O ORISHAS
P PACHANGA PUNTO
S SANTERIA SYBONEY
T TAINO TIMBA TRES TRESILLO TROVA
Y YAMBU YUKA